Affinités sélectives.

Publié le par enragé

La chronique de politique internationale d'"Aube Blanche", émission matinale de la Radio Flamingante Unie (RFU), portait ce matin sur la coupe du monde de football. Robert van Robert, le chroniqueur, y analysait "les véritables affinités entre les peuples" à la lumière de la sympathie provoquée par les différentes équipes nationales engagées et du soutien que leur apportaient "les peuples de la terre".

 

Les auditeurs apprirent d'abord ce qu'ils savaient déjà, à savoir que le continent africain soutenait en grande partie son dernier représentant, le Ghana, et que l'équipe nord-coréenne avait été soutenue par les Chinois. Deux restrictions néanmoins soulignées par le chroniqueur : l'Egypte et les pays du Maghreb, se revendiquant d'une autre Afrique,  jalouseraient la réussite de leurs voisins du Sud et seraient plus dubitatifs. Quant aux Chinois, leur soutien serait aussi politiquement dicté par l'idéologie que celui de nombre d'Européens nostalgiques de "leur jeunesse gauchiste".

 

L'Europe est naturellement partagée. La Belgique soutient les Néerlandais qui n'ont d'yeux que pour eux-mêmes, alors que les Français, éliminés "piteusement pour ne savoir pas encore mater ses néocolonies intérieures", après avoir feint de ne pas supporter son équipe, se déchire entre Espagne, Brésil et Pays-Bas : nostalgie, encore, mais cette fois du beau jeu.

 

Et l'Allemagne, dans tout ça ? Notons que si les Espagnols jouissent d'un pouvoir d'attraction plus touristique qu'autre chose (soutien notamment "des minettes, des jeunes puceaux s'identifiant au visage glabre de certains joueurs ou se remémorant des vacances à Majorque"), si le Brésil en impose par "sa notoriété pentaglorieuse" et l'Argentine pour ses "deux-trois meilleurs nains du monde - Messi, Tevez, Maradonna", l'Allemagne n'attire finalement que les germanophones, "ce qui n'est que justice" (sic).

 

Car la grande majorité des peuples soutiennent des équipes culturellement proches, et préfèrent ne soutenir personne ou haïr tel adversaire que jouer les supporteurs opportunistes. Ainsi des Slaves, notamment des Russes, non qualifiés pour la phase finale, qui se répartissent "en je-m-en-foutistes, fans des Slovènes, Slovaques et Serbes, et nationalistes proclamés haïssant les Français comme ils se doit depuis 1812, les Allemands depuis 1945, les Japonais depuis 1905, et indifférents aux autres pays trop éloignés (sauf les minettes, bien évidemment)". Pareil des Sudaméricains, "les Chiliens par exemple ont cru avoir remporté la compétition, puisqu'après avoir fêté leurs piètres huitièmes de finalistes en héros ont tous éteint leur poste de télévision", qui avec quatre nations en quarts de finale se font en Afrique du Sud la guerre qu'on leur empêche à tort de faire chez eux. Ajoutons les Italiens et les Anglais, "ces soi-disant mordus de la balle ronde, détournés de la compétition depuis la chute sans gloire de leur équipe", ou le Portugal, derrière le Brésil, "à qui il a tout donné" (sic).

 

"Car le football, chers auditeurs, c'est comme la guerre et la paix : on croit pouvoir choisir son camp, mais on n'en reste pas moins soi-même." Les motivations des supporteurs sont exclusivement politico-culturelles - "même pour les minettes, en un sens".

 

Et le chroniqueur de conclure : "Il n'y a bien que nous, Flamands, pour être un peuple équilibré, fier de sa culture et ouvert à ses voisins, le seule peuple national au coeur international, puisque nous soutenons tous exclusivement les Oranje !"

Publié dans Ambiance

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