Dernier après-midi.

Publié le par enragé

La coupe du monde a commencé il y a dix jours, elle se finit un peu aujourd'hui, et dans huit jours ce sera presque tout. Nous avons vécu la dernière après-midi de delirium footballisticum avec deux matchs avant celui du soir.

 

Le delirium footballisticum est un état pathologique découvert en 1994 par le Professeur italien Michele Baresi. Il le décrit comme "un état diffus se manifestant alternativement par des périodes d'apathie et des crises aigües d'excitation incontrôlée. La cause de cet état réside dans l'attente continue pendant une période durant jusqu'à huit heures d'une série de confrontations sportives." (Michele Baresi, Maladies du temps et autres soucis, SPQR, Rome, 1995, p.39) Or, "cet état est recherché par certaines personnes pour lesquelles il acquiert un sens quasi mystique comme chez les artistes l'alcoolisme ou l'épilepsie." (Ibid.)

 

Nous allons reprendre une vie normale, bientôt. Déjà, nous connaissons certaines des équipes qui ne se qualifieront pas, sans qu'elles soient encore éliminées. Nous savons que les prochains matchs seront tous décisifs : finie la grande fête du football, à partir de maintenant il y aura des larmes, et les drapeaux disparaitront les uns après les autres. La belle aventure devient une affaire sérieuse. La compétition se rappelle à tous. Bientôt de nombreuses équipes ne seront plus heureuses d'avoir participé, elles seront tristes, honteuses, déçues d'être éliminées.

 

Et dans huit jours nous n'auront plus de matchs tous les jours.

 

Mais en attendant, il y avait du football.

 

Portugal 7 - Corée du Nord 0

Ca s'est décidé en deuxième période. Et malgré les 7 buts passé par l'équipe, David Astorga n'a retenu que celui de Cristiano Ronaldo, qui n'avait pas marqué depuis deux ans en sélection. Et l'on nous refera des leçons sur la primeur du collectif et la beauté des passes décisives...

(Bande-son : Jacques Brel, "Au suivant".

 

Chili 1 - Suisse 0

Les Suisses à dix contre onze après une action rugballistique de haute volée.

(Bande-son : Ärsenik, "Je boxe avec les mots")

Publié dans Ambiance

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