Heureux.

Publié le par enragé

La France entière l'appelait de ses voeux : l'élimination de l'équipe de France a bien eu lieu. Il n'y avait bien que les supporteurs partis à l'autre bout du monde pour souhaiter ne pas avoir gaspillé congés et deniers, et voir les Bleus se qualifier. Les sponsors ne les soutenaient plus que par contrat, et les politiques pour l'image. Par habitude, d'autres se disaient encore que peut-être... un miracle... Sans y croire... Sans l'espérer.

 

La France entière est soulagée que son équipe rentre à la maison, débarrassée d'un sélectionneur incapable, de cailleras millionnaires en short et d'un encadrement amateur. Vu le poids du fardeau, tout un pays se sent léger, d'un seul coup. Le beau temps est revenu et l'avenir est radieux.

 

Dès demain nous suivrons une compétition internationale de football passionnante. Nous profiterons des analyses lumineuses des commentateurs et de leurs consultants, objectifs, impartiaux, enthousiastes, expérimentés, magnanimes. Nous n'aurons plus la pression du résultat, nous pourrons enfin nous concentrer sur le beau jeu.

 

Le 11 juillet, une saison s'achèvera, une autre commencera. Nous retournerons à nos clubs, à nos joueurs plus ou moins trop payés mais proches de nous, quotidiens, à nos entraineurs contestables mais heureusement précaires.

 

Puis viendront août et le retour du héros. Laurent le Magnifique, Laurent le bien-nommé, le chevalier Blanc, le Président missionné par le peuple pour purger l'équipe, redonner aux enfants et au monde amateur l'idée d'un sport propre, honnête et désintéressé, soumettre la caste France 98 et les autres anciens.

 

Ce seront d'autres matchs amicaux, d'autres matchs de qualifications, d'autres allers difficiles à gérer, d'autres retours accrochés, d'autres faits de jeu, d'autres systèmes, d'autres mécontents, d'autres victoires, d'autres défaites, d'autres listes de 30, de 25, de 23, d'autres critiques, d'autres haines, d'autres sarcasmes, et tout ce qui fera toujours que nous aimons l'équipe de France et la détestons à la fois parce que nous sommes Français.

 

Mais nous serons heureux, parce qu'il n'y aura plus Domenech.

Publié dans Ambiance

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