Les consultants sportifs. Enquête.

Publié le par enragé

Ils ont un avis sur tout et nous les écoutons religieusement. Difficile de les contredire, car ils savent de quoi ils parlent. Ils copinent avec les commentateurs mais n'hésitent pas à donner leur opinion. Qui sont ces consultants qui nous ravissent tous les jours de leurs analyses pertinentes lors des matchs, avant-matchs, après-matchs, refaisage de matchs et autres talk-shows ? Comment sont-ils recrutés ? Sur quels critères ? Pour vous, Au nom de la connaissance a voulu en savoir plus. Une enquête de Thierry Lemelon et Pierre Panade.

 

On pénètre difficilement le monde des consultants. Les coincer à la mi-temps d'un match ou à la sortie d'une émission est mission quasi impossible, tant les chaines de télévision et les stations de radio couvent leurs protégés. Et quand on arrive à feinter les cerbères de garde, en se faisant passer pour un ancien joueur ou un ancien agent, on se heurte souvent à un mur : en grand professionnel, le consultant se réserve pour son travail. En dehors, inutile de le titiller avec  du Domenech ou du 4-3-3, il reste muet et vous écarte d'un regard méprisant.

 

C'est Thierry qui a eu l'idée de nous faire passer pour de futurs consultants : lançons-nous, appelons une chaine nationale de télévision et proposons nos services. Parmi Bixente, Aimé, Christophe, Xavier, Pierre et les autres, certains ont bien dû commencer par là ? Nous appelons donc le service des sports de TV4. Pour ne pas dévoiler nos véritables intentions, nous dissimulons nos micros. Voici la transcription de notre entretien téléphonique :

 

"Bonjour, j'aurais voulu parler à monsieur K., le responsable de votre service. - Oui, c'est à quel sujet ? - Je suis Thierry Lemelon, je travaille pour le journal France93, j'aurais aimé savoir si vous auriez besoin d'un consultant pour la coupe du monde de football ? - Vous souhaiteriez devenir consultant chez nous, c'est bien cela ? - Oui. - Je vais voir. [Musique d'attente : P.I. Tchaïkovski, Concerto pour piano n°1] Allô, monsieur Lemelon ? Monsieur K. ne peut prendre la communication, je suis désolée. Je peux laisser un message ? - Je suis donc monsieur Lemelon, je m'y connais pas mal en foot, j'y ai joué quand j'étais jeune et je suis le championnat toutes les semaines. Je dois pouvoir apporter un regard neuf  et frais sur... - Merci, monsieur, je transmettrai." Nous laissons nos coordonnées et raccrochons.

 

Impressions mitigées. Fallait-il donner un vrai nom et un vrai journal ? Avancer masqué est peut-être un meilleur gage de réussite. Quoi qu'il en soit, nous attendons qu'on nous rappelle. En vain. Nous décidons de le faire. La même voix nous répond.

 

"Bonjour, mademoiselle, je vous ai appelée il y a une semaine pour un poste de consultant et... - Vous êtes monsieur ? - Panade. J'aurais voulu parler à monsieur K. - C'est à quel sujet ? - J'aimerais travailler chez vous comme consultant. - Je vous passe sa secrétaire. [Ibid.] - Service des sports, bonjour. - Bonjour, mademoiselle, Thierry Panade, du journal France92, je souhaiterais travailler chez vous comme consultant et... - Je suis désolée, monsieur, il est un peu tard pour se manifester. Et nous ne recrutons pas nous mêmes, vous devriez vous adresser à la bourse des consultants. - La bourse des consultants ? Vous auriez leurs coordonnées ?"

 

Qu'est-ce que cette bourse des consultants ? Vous le saurez avec nous dans notre prochaine édition.

 

(A suivre)

Publié dans Economie

Commenter cet article

Le FIl 24/06/2010 18:02


nous attendons la suite avec intérêt..