Meurtre en V majeur. (Quatrième partie)

Publié le par enragé

Le groom en blanc se précipita vers le gardien et lui chuchota quelque chose à l'oreille. Il était blême. Le gardien appela le chef de la sécurité, blême. Celui-ci, encore gris après son jour de repos,  blêmit à l'idée du sang. Avant de tomber dans les pommes et les bras du groom, il murmura ces quelques mots : "Chambre 1233".

 

C'était la chambre voisine de celle de Herr Z. Le maître d'hôtel, réveillé par la réceptionniste, alla consulter le registre. De son côté le groom, légèrement inquiet, remonta. En passant devant la chambre 1222, il sentit une drôle d'odeur qui en émanait. Un vieux cigare bon marché rougissait près du corps, au bout d'un petit homme mal réveillé. Le petit homme était brun et portait un pyjama beige usé un peu grand. "J'ai entendu du bruit, je suis venu voir. - Monsieur, il est interdit de fumer dans cette chambre. Monsieur... - C. Je suis inspecteur de police. Oh, ce n'est pas ma circonscription, et de loin, mais les meurtres m'attirent comme le miel attire les ours. C'est marrant, hein ? Mon neveu, c'est pareil, avec les chiens : si un chien est passé dans une sale il y a moins de deux jours, il éternue. Remarquez, je n'éternue pas, moi. C'est vous qui avez découvert le corps ? - Oui. - Votre nom ? - Van den Helst. - C'est bien, c'est bien. Appelez la police et veillez à ce que personne ne touche à rien. - Monsieur. - Oui ? - Je vais vous demander de sortir aussi. - Bien sûr."

 

La police arriva. Pas de traces, pas d'empreintes. Le commissaire prit le groom entre quatre yeux. Il avoua le meutre mais on ne put rien en tirer d'autre."Encore un blanc-bec,' souffla le commissaire en sortant de la chambre où avait eu lieu l'interrogatoire. "Et quel est son mobile ?" s'intéressa l'inspecteur C. "La victime produit des V. Il a voulu lui prouver que le V., en tout cas son utilisation originale, serait à jamais sudafricaine. Le type est un peu idiot. Ceci explique cela." C. ne trouvait pas que ceci expliquât quoi que ce soit. Mais ce n'était pas son enquête. "Un des fonctionnaires chargé de l'organisation de la coupe du monde m'a demandé de le prévenir pour toute mésaventure impliquant un étranger. Vous venez avec moi ? - Vous ne lui téléphonez pas ? - Jamais : ça laisse des traces." C. se frappa le front : "Attendez-moi une minute. Où est le groom ? - Le meurtrier ? - Oui, monsieur van den Helst. - Il est dans le couloir, il attend qu'on l'emmène. - Vous me laissez lui parler ? - Si ça vous amuse."

 

"Monsieur van den Helst, auriez-vous un téléphone, je voudrais prévenir ma femme. - Oui, mais il y a le téléphone dans votre chambre. - Ah mais non, je suis comme vous, je suis moderne, j'envoie des SMS. Merci." L'inspecteur vérifia les messages envoyés et reçus. " Suis-je bête, je sais bien qu'elle a oublié son télphone. Tant pis. Merci quand même."

"Quelle bande d'amateurs ! Prévenir le commissaire ou non ?"

 

(A suivre.)

Publié dans Polar

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