Meurtre en V majeur. (Troisième partie)

Publié le par enragé

Herr Z. quitta la tribune et retrouva D.D. qui l'attendait depuis le coup de sifflet final. Celui-ci commençait à s'impatienter, il regardait sa montre de plus en plus souvent. Surtout, il croisait tous ces gens qui s'étonnaient de le voir planté là et lui demandaient s'il rentrait avec eux. Il prenait alors un air impassible qui ne lui allait pas du tout, et répondait qu'il prenait le pouls de la presse. Réponse imbécile, la première qui lui vînt à l'esprit.

 

Enfin il aperçut Herr Z. qui affichait un sourire éclatant. Il le félicita. Herr Z. le remercia. Il fut décidé que D.D. l'accompagnerait à l'hôtel où ils dîneraient. Ils sortirent du stade. D.D. était en voiture. Un embouteillage monstre accompagnait le cortège de spectateurs du stade au centre-ville. D.D. était nerveux. Il parlait de choses et d'autres, puis ne parla plus du tout. Herr Z. n'était pas plus locace : il était fatigué par son voyage et se trouvait encore sous le charme de la victoire assourdie par les instruments qu'il produisait lui-même.

 

Lorsqu'on arriva à l'hôtel, D.D. insista pour accompagner son hôte jusqu'à sa chambre et s'assura que Herr Z. renonçait à dîner. Ils se quittèrent en se souhaitant une bonne nuit et en se promettant de se revoir. Lorsqu'il fut seul, D.D. sortit son téléphone et envoya à un numéro sudafricain le SMS suivant : "L'étui est dans la boîte." Puis il s'élogna.

 

De son côté, Herr Z. se déshabilla, enfila son pyjama à rayures et se coucha. Ses oreilles continuaient de bourdonner, ce qui l'empêchait de penser pour s'endormir. Il appela le service d'étage et demanda si on pouvait lui apporter quelque chose qui l'aiderait. Quelques minutes plus tard, un homme très grand, habillé tout de blanc comme un groom de cartoon, entra de sa chambre : "Du mal à dormir, monsieur ? - En effet, est-ce que vous ... - Voilà !" L'homme lui enfonça un V. de métal dans la tempe gauche, qui traversa le crâne et ressortit par l'oreille droite.. La mort fut instantanée. Le sang se répandit lentement sur l'oreiller. L'assassin vérifia qu'il ne s'était pas sali et sortit. Quand il fut revenu à la réception, il répondit à un SMS reçu peu avant : "La trompette est dans l'étui."

 

(A suivre)

Publié dans Polar

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