Oui, c'en est...

Publié le par enragé

De nombreux observateurs se sont étonnés de la qualité des matchs d'hier. François-Marie A., dans le Magazine pinailleur daté d'aujourd'hui, raconte les sursauts d'exclamation d'un géant prénommé M. A chacun de ses passages dans notre galaxie, il s'arrête toujours sur notre planète pour assister à un match. Il en a déjà vu une dizaine. Profitant de l'occasion de ces huitièmes de finale de coupe du monde, il a même convaincu ses compagnons de faire un détour (ils se rendaient en Andromède, ce qui n'est pas la porte d'à côté, même à pas de géant).

 

Quelle surprise pour nos quatre hôtes d'assister à cet étrange Paraguay - Japon ! Le nain du Dragon demanda à son amphitryon pourquoi les bonshommes bleus n'étaient pas autorisés à quitter leur territoire. Le grand M. répondit qu'ils en avaient le droit mais... que sans doute la différence de température les en détournait. Mal à l'aise d'avoir donné cette explication idiote, il fut heureux de voir que ses camarades s'étaient endormis et qu'ils n'assistèrenet pas au changement de terrain de la mi-temps.

 

Hélas, la curiosité de nos touristes galactiques ne put être satisfaite par la séance de tirs au but car ils se réveillèrent trop tard. Vexé, le géant insista pour rester jusqu'au soir : il savait de source sûre que Portugal - Espagne serait un beau spectacle. On se rassasia d'un peu de glace polaire et on attendit bien sagement, assis en rang d'oignon sur un croissant de lune.

 

Puis le match commença et le géant M. fut bien obligé de reconnaitre qu'une équipe à chaque match était tenue de rester dans son camp. Le nain du Toucan prétendit que la raison en était historique, que ce jeu avait été inventé au temps des croisades, quand se trouvaient toujours face à face un belligérant foncièrement offensif et un autre qui se retranchait dans sa forteresse et plaçait des contre-attaques. Tous applaudirent à ce trait de génie et se concentrèrent sur le spectacle.

 

Un Poissonnien, qui souffrait de troubles mnésiques comme tous les représentants de sa race, ne se souvenant plus de la signification des tuniques jaunes portées par certains joueurs, dit qu'il trouvait judicieux, de la part de ces espions, d'avoir pris le parti des rouges car ils semblaient plus forts. Le géant M. voulut rétorquer que ce n'étaient pas des espions ni des traitres mais des juges, cependant le spectacle confirmait moins sa version que celle de son compagnon et il hôcha la tête.

 

Vers la fin, il finit par douter qu'il voyait bien du football. Comme il avait fait plus tôt dans la journée, il passa le doigt sur la pelouse, le porta à ses gencives et, ayant goûté : "Eh bien oui, mes amis, c'en est bien." Ils repartirent contents de leur excursion touristique.

 

Paraguay 0 - Japon 0 (5-3 tab)

(Bande-son : Jacques Brel, "Dors, ma mie")

 

Espagne 1 - Portugal 0

(Bande-son : Zouk machine, "Maldon")

Publié dans Match

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