Meurtre en V majeur. (Cinquième partie)

Publié le par enragé

Inspecteur C : Nous en avons pour longtemps ?

Le commissaire : Non, l'hôtel des officiels n'est pas très loin.

Inspecteur C : Ca vous dérange si je fume ?

Le commissaire : Non, bien sûr.

 

L'inspecteur alluma son cigare. Les deux hommes restèrent quelques instants silencieux.

 

Inspecteur C : Dites, que pensez-vous du mobile ?

Le commissaire : Il me satisfait pleinement. J'ai un meurtre et le meurtrier, que demander de plus ?

Inspecteur C : Et s'il y avait un commanditaire ?

Le commissaire : Pour l'instant, ça m'est tout à fait égal. Premièrement, nous ne sommes pas en Amérique. Deuxièmement, le monde entier nous regarde et nous écoute, ce n'est pas le moment de faire dans la psychologie. Quand ton oeil est malade, jette-le. Point.

Inspecteur C : Vous l'avez dit. Mais s'il y a un commanditaire, alors le mobile ne tient plus.

Le commissaire : Je suis certain que notre meurtrier tiendra la route devant le jury du tribunal extraordinaire.

 

De nouveau, ils se turent.

 

Inspecteur C : Personnellement, que pensez-vous des V. ?

Le commissaire : Ca amuse les gens.

Inspecteur C : Ca les énerve aussi un peu.

Le commissaire : Mais vous-même, vous avez assisté à des matchs, qu'en pensez-vous ?

Inspecteur C : Oh ! moi, vous savez.... J'ai gagné ce voyage à un tirage au sort, alors je ne me plains pas. Ma femme les aime bien. Nous étions à la rencontre entre les Etats-Unis et l'Angleterre, vous savez ? Quelle ambiance ! Eh bien elle m'a dit que c'est ce qu'elle avait préféré, les V. Elle n'aime pas trop le foot. Moi non plus, remarquez. Par contre la musique, c'est plus notre truc. Surtout elle : une vraie mélomane. Et quelle oreille ! Eh bien elle trouve que les V. ont quelque chose d'original. Je crois qu'au fond, on s'y habitue.

Le commissaire : C'est exactement ce que je crois. On rejette la faute sur eux, mais il y a bien quelqu'un pour souffler dedans. Mais qui ? On ne sait pas vraiment qui souffle dedans, on ne sait pas non plus exactement qui s'en plaint. Dans notre jargon, on dirait qu'il y a un crime sans qu'on en connaisse ni la victime ni le criminel.

Inspecteur C : Certains joueurs se sont plaints. Eux, on sait qui ils sont.

Le commissaire : Mais d'autres ont dit que ça leur plaisait, que ça typait la coupe du monde. On doit suivre l'avis de qui, hein ?

Inspecteur C : Je comprends, je comprends. C'est pas simple, pas simple du tout. Et si le meurtre avait un rapport avec la compétition ?

Le commissaire : C'est un meurtre crapuleux, ne vous en inquiétez pas trop.  Du vilain travail, mais que voulez-vous, c'est notre boulot ! Nous sommes arrivés.

 

(A suivre)

 

C'était fort, hier. Car il y avait du football ! Ca y est, ça commence à chauffer !

 

En apéritif, les Espagnols, bottés par les Suisses au bas de leur moulin

Espagne 0 - Suisse 1

Bande-son : Jacques Brel, "Les taureaux".

 

Au dîner, la fin du rêve de toute une nation. Le début d'un autre.

Afrique du Sud 0 - Uruguay 3

Bande-son : Alain Souchon, "Allô Maman, bobo."

 

Et aujourd'hui. Quand y'en a plus, y'en a encore !

Argentine 4 - Corée du Sud 1

Bande-son : Raggasonic et Suprême NTM, "Aiguisé comme une lame."

 

Avec des Grecs qui marquent, on peut s'attendre à tout, maintenant.

Grèce 2 - Nigéria 1

Bande-son : Coluche, "Misère."

Publié dans Polar

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